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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 15:20


Politique, justice... Et le peuple dans tout ça ? Il vote, en son âme et conscience, se fondant sur les informations dont il dispose. Et que la presse daigne lui fournir. La belle affaire...

Sarkozy et la presse

Pour se faire une idée de l'impartialité du monde médiatique à l'égard de Nicolas Sarkozy, il suffit de consulter le bottin : Martin Bouygues (TF1, LCI, Metro, TMC, RTL 9, NT1...), Arnaud Lagardère (Europe 1, BFM, MCM, Paris Match, Le Journal du Dimanche, Elle, Le Monde, Le Parisien), Vincent Bolloré (Direct Soir, Matin Plus, Direct 8), Bernard Arnault (Les Echos, Investir, Radio Classique...), Serge Dassault (Le Figaro, Valeurs Actuelles), Alain Weill (RMC, BFM, BFM TV, La Tribune), François Pinault (Le Point, Companynews...). Tous ceux-là sont proches, voire très proches, de Nicolas Sarkozy. Concernant l'audiovisuel public ? Pas mieux, depuis que le président s'est accordé le pouvoir de vie et de mort sur les présidents de France Télévisions et de Radio France, allant jusqu'à nommer lui-même le président des chaînes (cf Philippe Val à France Inter), ce qui lui est légalement impossible.

600 millions d'euros pour la presse

Comme si cela n'y suffisait pas, le gouvernement a sorti le carnet de chèques. 600 millions d'euros sur trois ans pour "aider" la presse papier, et ses patrons, un peu. Clap-clap-clap, tout le monde applaudit. Car qui pourrait penser une seconde que Nicolas Sarkozy a une idée derrière la tête, hein qui ? Pas son genre... Pas son genre non plus de vouloir bâillonner l'AFP, en entrant à son capital, alors que l'agence était jusqu'à présent protégée (sur le papier tout du moins) par un statut unique en son genre. Et ceux qui l'accusent d'avoir fait virer Genestar de Paris-Match, Espérandieu du JDD, d'avoir censuré un bouquin brisant le mythe "Cécilia", de vouloir éjecter la direction de France 3, de Radio France, de France Inter, de souhaiter reprendre la main sur l'AFP ... sont certainement des jaloux. Sans aucun doute. Et tant pis si d'année en année, la France dégringole au classement RSF de la liberté de la presse. De toutes façons, les journaux n'en parlent pas. Ou si peu...

"Dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition" a lancé Nicolas Sarkozy mercredi 7 mai 2008, à l'Elysée devant les députés UMP. Phrase répétée presque mot pour mot hier matin par son porte-flingue Frédéric Lefebvre. Tout est dit. Et les perquisitions et autres mises en garde-à-vues de journalistes peuvent continuer, pour le bien de la démocratie, évidemment...

Le pouvoir économique dévoué

Ne resterait plus que le pouvoir économique, pour compléter le tableau. Mais est-il vraiment utile d'en parler ? Oui, non, juste un peu. Juste pour rappeler que les grands patrons invités au Fouquet's le soir de l'élection présidentielle de 2007 ont, depuis, été remerciés en long en large et en travers. Promotions en rafales dans l'ordre de la légion d'honneur, privatisations amicales (GDF-Suez...), défiscalisations, subventions, aides en tous genres... ne manque plus que la dépénalisation du droit des affaires, et la boucle serait bouclée. Noël avant leurre...

Conclusion

Sarkozy gère la France comme un pédégé qui ne s'encombre pas de valeurs. Les murs de la République se fissurent, de la cave au sommet de la cheminée. Qu'on ne s'y trompe pas, nous vivons encore libres dans un système encore démocratique. Et cette lente dérive a débuté bien avant le sacre de Nicolas Sarkozy. Sauf qu'elle s'accélère dangereusement, et à systématiquement chercher à saborder l'opposition politique, à encadrer les pouvoirs médiatique, économique et judiciaire, à surveiller le peuple à outrance, c'est la démocratie qui risque de couler... un beau jour. Les contrepouvoirs affaiblis, un président autoritaire démocratiquement élu n'aura bientôt plus aucun mal à finir le travail.

Mais finalement, la France... tu l'aimes ou tu la quittes !(?)

«Le moins mauvais système politique est celui qui permet aux citoyens de choisir l'oligarchie qui les gouvernera. On appelle cela généralement démocratie» - Jacques de Bourbon Busset

Dans la série "Petit à petit, Sarko fait son nid", lire ou relire : "Le pouvoir politique confisqué" (1/3) et "Le pouvoir judiciaire muselé" (2/3)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

Par NPA VAR - Publié dans : Infos National
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