Mercredi 20 octobre 2010
3
20
/10
/Oct
/2010
09:43
Les routiers bloquent les entrées de Toulon
Publié le mercredi 20 octobre 2010
Des barrages filtrants ont été organisés des deux côtés de la ville. Patrick Blanchard
A l’appel de leur syndicat majoritaire CFDT, rejoint par la CGTles chauffeurs de camions ont organisé, hier soir, des barrages filtrants
Les chauffeurs de camions avaient prévenu qu’ils rejoindraient le mouvement. Ils l’ont fait. Avec de notables modifications au programme… Alors que Christophe Laguzzi, le secrétaire du
syndicat général des transports 83, avait annoncé la veille qu’il ne bloquerait que l’entrée ouest de Toulon, hier soir, ses troupes ont finalement organisé des barrages filtrants des deux côtés
de la ville. « Ça a évolué tout au long de la journée » reconnaissait le leader syndical, pas mécontent d’avoir attendu la fin d’après-midi pour dévoiler ses plans aux forces de l’ordre.
La pagaille s’installe
Partis sur le coup des 20 heures en deux convois séparés de la Place de la Liberté, les chauffeurs ont pris position au niveau de la porte Castigneau à l’ouest et à l’entrée du tunnel de la
traversée souterraine à l’est. Ce dernier site est sensible. Christophe Laguzzi le sait. À son arrivée, il rappelle les consignes : « On ne bloque que les poids lourds. On n’est pas là pour
embêter les automobilistes. » Les camions tardent à venir. « Ils ont dû les dévier au niveau de Brignoles » lâche le secrétaire du SGT 83. Cinq minutes plus tard, un camion frigo se pointe.
Christophe Laguzzi s’approche de la portière et fait de la pédagogie : « Garez-vous sur le côté. De toute façon, vous n’arriverez pas à sortir. C’est bloqué aussi à l’ouest. » Le camion
s’exécute. Puis un autre. La pagaille ne tarde pas à s’installer. Profitant d’un moment d’inattention, un camion-grue, qui avait lui aussi sagement accepté de se ranger sur le côté,
s’échappe. Ça sent un peu l’improvisation. Une « toupie » arrive à son tour. Le chauffeur ne veut rien entendre et passe « en force », les dents serrées. « La mise en place d’un barrage est
toujours un peu difficile » reconnaît Christophe Laguzzi, tout en donnant de la voix pour que les manifestants bloquent mieux les voies avec leurs véhicules.
Dans la foulée, il essaye de joindre au téléphone les autres manifestants qui ont pris position à la sortie ouest de la ville. Il a entendu dire qu’ils laissaient passer les camions. Personne ne
répond. Christophe Laguzzi bout. Renseignements pris : ce ne sont que les camions poubelles. « On les bloque aussi. C’est Pizzorno » tonne le secrétaire du SGT 83. Puis il reprend la
direction des opérations au niveau du tunnel. Coup sur coup, deux camions se pointent. Visiblement pas décidés à stopper. « On n’est pas là pour vous embêter les gars. On n’a rien contre vous. On
veut juste vous faire prendre conscience des aspects négatifs de la réforme des retraites. »
Le discours a du mal à passer. « On doit livrer un chantier à côté » répond un premier chauffeur. « Moi j’ai faim. Je suis sur la route depuis ce matin. J’ai pas encore mangé » crache le second.
Et les deux poids lourds de forcer le passage.
Dans les rangs des manifestants, ça grogne, ça s’énerve. « Si on les laisse passer, ça ne sert à rien. Autant rentrer à la maison! » Christophe Laguzzi, qui a prévu de rester au moins jusque vers
minuit, corrige le dispositif. L’étau se resserre sur les conducteurs…
Derniers Commentaires