Partager l'article ! Des milliers de lycéens manifestent à Toulon ce jeudi 14 (Nice Matin): Une manif au pas de course Publié le vendredi 15 octobre 2010 ...

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Désordonnés mais spontanés et déterminés, plus de deux mille lycéens ont battu le pavé contre la réforme des retraites. Ils remettront ça demain
Une manif de lycéens ne ressemble à nulle autre. Les policiers, les journalistes et les automobilistes peuvent en témoigner. Les uns étaient contraints de suivre le cortège au pas de course, les autres pestaient d'être coincés dans le trafic, sans préavis.
La manif du collectif jeune (1) contre la réforme des retraites ne devait donner lieu qu'à un rassemblement, sur la place de la Liberté à 11 h. Mais avant l'heure dite, c'est une marche accélérée qui a conduit les manifestants devant le lycée Bonaparte.
Pierre Ribot, le proviseur, avait pris les devants en fermant le portail principal qui donne sur une volée de marches. Sécurité oblige. « Nos élèves peuvent entrer et sortir. Mais il ne doit pas y avoir plus de 200 lycéens de Bonaparte, surtout des élèves de Seconde, qui ont rejoint le mouvement. Les BTS, classes prépas et les Terminales sont restés en cours. »
Ramdam devant « Bona »
Ça ferait un bon titre de polar. Il est 11 h 01, une lycéenne dans son portable : « Bon là, c'est assez la m... ». Un retour au point de départ s'impose.
11 h 10, place de la Liberté, on peine à s'organiser. Les lycéens sont plus de 2000 pour sûr, de 3500 à 4000 selon eux. Sit-in improvisé devant la fontaine. Les syndicats de salariés entrent en scène : « Nous sommes venus en convergence (cheminots, énergie, faculté, etc.) pour encadrer, mais les jeunes restent maîtres de leurs mouvements », dit Sylvain Brossaud, de l'UD-CGT.
Au porte-voix, Léa, une lycéenne seynoise (lire aussi ci-dessous) s'époumone : « Il faudrait que vous compreniez qu'un mouvement, c'est de l'organisation ! » Brossaud conseille un itinéraire, Maryvonne Guigonnet (FSU) insiste sur le service d'ordre, « pour ne pas finir sous les roues d'un bus ».
C'est que certains préfèrent poser pour la photo plutôt que militer, empêcheurs de tourner en rond plutôt que fauteurs de trouble. L'ambiance reste bon enfant.
11 h 40, direction la gare SNCF. 11 h 45 à l'arrivée, une vingtaine de CRS barre l'entrée. Cohabitation sans heurt, sit-in, les adultes de la CGT, Solidaires et Sud rail agissent en tampon entre les deux camps.
« Pas être une génération sacrifiée »
Raphaël Perrin, président de l'Unef Toulon, est convaincu que la mobilisation durera. « Les étudiants viennent de faire leur rentrée, il faut leur laisser du temps. La priorité n'est pas de bloquer la fac. Mais nous n'avons jamais eu autant d'adhésions qu'en ce moment. »
Thomas Roller, l'un des porte-parole du collectif : « La jeunesse est la première concernée par cette réforme qui empêchera de libérer un million d'emplois. Un quart des 18-25 ans sont déjà au chômage en France, le taux le plus élevé en Europe. Nous ne voulons pas être une génération sacrifiée, chômeurs à 25 ans, précaires à 67 ans. »
Dernier déplacement vers le lycée Bonaparte : « Aujourd'hui, c'est une victoire, le gouvernement a du souci à se faire ! », jubile Thomas en invitant à nourrir la manif interprofessionnelle, samedi à 14 h 30. « Oui, petit ! Il a un bon organe, lui... », apprécie un ancien en connaisseur.
Sylvain MOUHOT
1. Union nationale lycéenne, Union nationale des étudiants de France, La Mutuelle des étudiants, Mouvement des jeunes socialistes, Mouvement jeunes communistes.
Photos de la manif: http://picasaweb.google.fr/snuipp83/20101014RetraitesLyceens?feat=directlink#
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