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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 16:23

Les élections régionales passées, il est l’heure de tirer les bilans au sein de la gauche radicale.

On nous a dit, et on continue à nous le dire,  que dans la majorité des régions, l’unité n’a pas pu se réaliser à cause de l’intransigeance du NPA,  de son refus de  « mettre les mains dans le cambouis », de sa volonté de faire cavalier seul pour plumer la volaille communiste ou mélenchoniste, ou pour se draper dans la posture stérile de la « pureté révolutionnaire».

Or, cette vision des choses relève d’une contre vérité qu’il convient de rectifier, afin de dissiper tous les malentendus.

Le NPA a bien été à l’initiative pour essayer de réunir la gauche radicale, et il a tenté jusqu’au bout de parvenir à un accord, aussi bien au niveau national qu’au niveau des régions.

Le NPA est d’accord pour défendre ses idées au sein même des conseils régionaux, il est d’accord pour avoir des élus et pour « mettre les mains dans le cambouis » selon l’expression consacrée, afin de faire aboutir les idées que nous défendons.

La seule divergence avec certains camarades du Front de Gauche réside dans la participation aux exécutifs sous domination PS et Europe Ecologie.

Le NPA est d’accord pour fusionner ses listes avec  celles du PS et d’EE afin de ne pas risquer de faire passer la droite à cause d’une triangulaire au résultat incertain. Mais en gardant notre indépendance et notre liberté de vote au sein du conseil régional, cela va de soi.

Si dans certaines régions, comme le Limousin, il n’y a pas eu de désaccord avec nos partenaires du Front de Gauche sur cette question, dans d’autres régions et notamment en PACA, des divergences sont apparues avec le PC.

Celui a exigé du NPA qu’il participe à l’exécutif régional  sous la domination du PS et de Vauzelle,  sans quoi  le NPA n’était  pas qualifié pour rejoindre un front commun de la gauche radicale.

« La participation à l’exécutif est une question de premier tour » a affirmé le PC des Bouches du Rhône lors des négociations NPA-Front de Gauche, fermant ainsi la porte à l’unité.

En revanche, ce qui s’est passé dans la région Limousin est exemplaire à plus d’un titre.

L’unité a pu aboutir dès le premier tour avec toutes les forces de la vraie gauche,  à la suite de longues discussions portant sur le programme et  sur l’attitude de ses élus.

Liberté de participer à l’exécutif régional, indépendance et liberté de vote, tel était le contenu de l’accord entre nos différents partis.

En réalisant 13% des voix au premier tour, la liste d’unité FdG-NPA a donc tout naturellement proposé au PS une fusion technique de ses listes, afin de battre la droite et de garantir à notre liste une présence au conseil régional proportionnellement  au nombre de voix obtenues.

Le PS a refusé la présence du NPA sur cette liste fusionnée. Le Front de Gauche n’a pas cédé devant le diktat du PS et a maintenu notre liste au second tour, permettant à celle-ci de passer de 13% à 19% des voix, et obtenir davantage d’élus que ce qui était escompté.

Nos camarades du PC et du PG ont indiqué, le soir du second tour, qu’ils ne demanderaient pas de postes de vice présidents, qu’ils ne participeraient pas à l’exécutif et qu’ils garderaient leur totale indépendance et leur liberté de vote.

C’est exactement la position du NPA.

Ce qui a pu se faire en région Limousin aurait pu et aurait dû se faire ailleurs, notamment en PACA.

L’extraordinaire dynamique de l’unité sur des bases programmatiques claires et sur l’indépendance vis-à-vis du PS et d’EE a été payante en Limousin, au-delà de nos espérances.

C’est cet exemple qu’il faut généraliser dans toute le pays, afin que la gauche radicale puisse franchir un cap, s’affirmer comme une alternative solide et durable face à la droite et au social libéralisme, et devenir une force crédible et attractive pour ces millions de gens qui ne veulent plus de la droite ou de la gauche libérale.

La balle est désormais dans le camp de nos camarades du Front de Gauche : ou bien ils continuent de vouloir unifier « toute la gauche », énième mouture d’une gauche plurielle qui a tant désespéré, ou bien ils s’affranchissent de la tutelle du social libéralisme.

Pour nous, le combat unitaire n’est pas terminé, et nous continuerons sans relâche à nous battre pour que l’unité de la vraie gauche se réalise enfin !

 

François Alcaraz

NPA Var

Par NPA VAR - Publié dans : Coordination Var
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Commentaires

En commentaire, une contribution du camarade AZEMA du NPA de la Réunion qui a été publiée dans le quotidien de la Réunion et de l'océan indien.

Allez ! Rêvons un peu ! Olivier Besancenot sous les ors de l’Elysée, son vélo de facteur garé au milieu des berlines de luxe dans la cour d’honneur, un conseil des ministres composé de gauchistes et d’écolos barbus, Joey Star à la Culture, Krivine à l’Intérieur et Daniel Bensaïd aux Affaires étrangères ? Tout ce petit monde reconverti en gestionnaire de l’appareil d’Etat !

Souvent, il nous est reproché de ne pas vouloir du pouvoir : « Comment allez vous changer les choses si vous n’êtes pas élus ? Si vous n’êtes pas ministres ? Ou maire, ou conseiller régional » ?

A l’inverse, nombreux sont ceux qui, toute honte bue, justifient l’abandon de leurs idéaux par la nécessité de « mettre les mains dans le cambouis », pour faire vraiment avancer les choses en rejoignant une liste du PS ou du PCR, ou aujourd’hui d’Europe Ecologie.

C’est ainsi qu’à plusieurs occasions, le PS s’est trouvé en situation de pouvoir, qu’il est aujourd’hui en compagnie du PCR maître de nombreuses collectivités. Mais les choses n’avancent pas vraiment vite ! Alors nos élus expliquent que finalement, c’est plus difficile que prévu, que la crise frappe à notre porte, que l’économie va mal, qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, que la mondialisation ? que l’Europe ? et patati et patata. En gros, « on n’a pas vraiment le pouvoir ». C’était bien la peine !

Nos mécanos aux mains pleines de cambouis réalisent soudain que ce n’est pas eux qui conduisent la voiture : on leur demande juste de serrer les boulons, de bien la faire fonctionner, en fait de bien gérer la machine capitaliste. Pendant ce temps, les salariés, la grande majorité de la population, marchent à pied !

Il serait temps qu’ils comprennent que l’action politique, c’est avant tout l’activité sociale, le rapport de forces qui s’établit entre les possédants et les travailleurs. Ce rapport de forces est multiforme s’exprime de mille manières : grève dans une entreprise pour de meilleurs salaires, manifs de défense des services publics, luttes contre les licenciements, mobilisations citoyennes contre une centrale thermique, actions des jeunes lycéens ou étudiants ? Cette activité plus ou moins intense détermine la position du curseur des possibles. Les marges de manœuvres de nos élus en dépendent étroitement.

Toutes les avancées sociales ou démocratiques ont été obtenues par l’action populaire de masse comme en juin 36, après la Libération ou en 68. La mise en forme plus ou moins réussie de ces avancées entraîne souvent des changements politiques, le Front Populaire ou l’élection de Mitterrand en 81. Mais l’inverse, jamais. Une élection ne modifie pas un rapport de force social. Faute de l’avoir compris, ou même souhaité, nos mécanos politiciens, dits de gauche, se sont détachés de ceux qui les ont élus, et ont été progressivement absorbés par un appareil d’Etat qui n’est qu’un instrument aux mains des possédants. Les plus naïfs croient encore disposer d’une capacité d’action autonome dans leur mairie, leur collectivité, ils sont vite réduits à l’impuissance. Les cyniques, bien plus nombreux, lient leur sort personnel, leur rémunération, leurs avantages, au maintien du statu quo et vont de compromis en compromissions. Parfois, ils utilisent les mobilisations sociales pour conforter leur position, mais ils cherchent en permanence à en limiter les effets, à les juguler pour éviter à tout prix que l’affrontement de classe survienne : pour eux le risque est grand que cet affrontement les prive de leurs postes.

En ce qui nous concerne, nous voulons transformer la société, faire cesser l’exploitation, briser l’appareil d’Etat, et ouvrir la porte à une véritable démocratie, au sens propre du terme : le pouvoir du peuple. L’UMP ou le PS nous ont sciemment interdit l’accès aux fonctions électives en maquillant la démocratie, en en faisant une vieille maquerelle fardée et menteuse. Nous ne sommes ni naïfs ni cyniques : nous savons qu’il n’est pas suffisant d’être présents dans les mobilisations sociales, pas suffisants même de les impulser, qu’il faut aussi savoir en découdre sur le terrain électoral. Mais nous ne faisons pas de ce terrain un but en soi, nous ne croyons pas que le changement viendra par les urnes et qu’il suffirait que nous soyons élus pour que tout change !

Si nous sommes présents aux échéances électorales, c’est d’abord pour redonner courage à tous ceux qui luttent dans leur entreprise, dans leur quartier ; et si nous avons des élus, ce sera tant mieux parce que pour une fois, les travailleurs auront une voix dans les hémicycles et une voix qui dérangera !
Commentaire n°1 posté par Didier le 27/03/2010 à 09h46
 
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