Partager l'article ! Communiqué du NPA. Sommet de Copenhague : un échec annoncé, la justice climatique dans la rue !: Communiqué du NPA. Sommet de Copenhague : un ...

L’arrivée à Copenhague des chefs d’Etat aux dernières heures du sommet de Copenhague n’y aura rien changé. Le sommet international consacré aux changements climatiques aura été un échec de bout en bout, puisqu’aucun des objectifs qu’on pouvait attendre pour éviter que la hausse de la température ne dépasse 2°C n’a été atteint.
Aucun accord contraignant les puissances industrielles à diminuer fortement leurs réductions de gaz à effet de serre n’a été établi. Le blocage persistant des Etats-Unis a pu s’appuyer sur l’absence de volonté de l’Union Européenne, chacun des deux puissances préférant stigmatiser la Chine, qui de son coté a continuellement renvoyé la balle vers les Etats-Unis.
Le débat sur les financements pour l’aide à l’adaptation des pays pauvres, les premiers menacés par les dérèglements climatiques, n’a pas non plus abouti à des propositions satisfaisantes, puisque si des engagements, au demeurant modestes, sont pris jusqu’à 2012, aucun plan de financement à long terme n’est envisagé, ce qui rend impossible toute planification de la lutte contre le réchauffement dans les pays du Sud.
En l’absence d’accord international, une déclaration politique renvoie à plupart des choix qui sont pourtant à opérer dès maintenant. Et on ne voit pas ce qui dans six mois ou un an aura changé. On estime déjà qu’au vu des propositions faites à Copenhague, la température devrait monter d’au moins 3 °C avant la fin du siècle. Les grands vainqueurs de ce sommet sont finalement les multinationales et les lobbys industriels, qui vont pouvoir continuer à polluer et à émettre des gaz à effet de serre, tout en profitant de l’aubaine créée par la finance carbone et les marchés de droits à polluer.
La proposition d’Evo Morales d’un tribunal de justice climatique pour juger ceux qui détruisent la Terre Mère s’en trouve d’autant plus légitimée. L’espoir est à chercher ailleurs. En effet, malgré une répression permanente des forces de l’ordre danoises, les mouvements sociaux et environnementaux n’ont pas cessé de manifester leur colère et leurs exigences, résumées dans les slogans « Changeons le système, pas le climat ! » et « Reprenons le pouvoir ! ».
L’immense manifestation internationale du 12 décembre et les actions qui ont suivi ont donné naissance à un mouvement global pour l’urgence climatique et la justice sociale.
Dans les semaines et les mois à venir, le NPA s’emploiera à renforcer et à construire un tel mouvement.
N’attendons pas des capitalistes qu’ils résolvent un problème qu’ils ont eux-mêmes créé, l’alternative énergétique est indissociable d’un projet anticapitaliste et antiproductiviste.
Le 19 décembre 2009.
Copenhague est un échec. Et après. Qui s'attendait à autre chose ? Que pouvait-on attendre d'autre des gouvernements actuels et des situations socio-économiques actuelles ? Les États Unis, pays monde, n'a jamais suivi et ne suivra jamais le reste du monde, l'autre monde. La Chine et l'Inde qui explosent maintenant qu'ils suivent en bons élèves le système économique occidental ne pourront pas adhérer avant longue date à une bifurcation globale de ce même système. Les pays en voie de développement n'ont pas les moyens de se poser la question. Il reste donc l'Europe qui semble être proche de l'exploit. Mais il faudrait davantage de maturité à la communauté européenne. Actuellement, l'Europe n'est pas autre chose que « les pays de l'europe ». La communauté européenne n'existe pas, alors comment aboutir à un accord commun d'une utopique communauté mondiale ? C'est essentiellement du temps perdu et de l'image médiatique pour les politiques. La politique ne sauvera pas le monde pour la simple et bonne raison qu'elle n'en a pas la vocation. L'action de la politique s'arrête là où commence le pouvoir qu'elle s'octroie. La politique a plus à faire en s'évertuant à rester au pouvoir qu'à sauver la planète. Alors comment faire face à un phénomène qui dépasse les gouvernements et qui n'est plus de la compétence du pouvoir politique ?
Rien, si l'on pense que ce qui doit arriver arrivera. Le fatalisme a sans doute de bons jours devant lui. Mais dans des pays comme la France où plus de 90% de la population a reçu une éducation censée lui permettre de comprendre les causes et leurs conséquences on est en droit de s'attendre à autre chose qu'une simple fatalité.
Le plus consternant c'est que ce n'est pas la technologie qui est à l'origine du bouleversement climatique, mais l'utilisation que nous en faisons. Et c'est justement la technologie qui pourrait, qui peut, nous permettre de réagir face à l'ampleur des dégâts. L'humanité n'a jamais possédé autant de solutions pour agir en faveur du plus grand nombre. Ce qui l'en empêche, c'est encore une fois la politique, et surtout la tradition politique qui est de maintenir un ordre établi, à savoir la domination d'une minorité sur une majorité par le truchement d'une mécanique bien huilée. Tant que nos gouvernements gouverneront non pas pour nous apporter le meilleur mais pour se garder le meilleur il n'y aura pas de progrès social. Nous entendons par progrès social, non pas que le citoyen moyen d'aujourd'hui ait plus que le citoyen moyen d'hier, c'est une évidence, mais qu'il n'y ait plus de citoyen moyen. C'est à dire que le progrès (technologique, mais aussi intellectuel) soit partagé par tous. Humainement rien ne justifie que deux pourcent des personnes adultes, soit bien moins de un pourcent de la population mondiale, possède plus de la moitié des richesses. Encore une fois, seule la politique le justifie !
S'il n'y a rien à attendre des gouvernements, des états, des politiques quelqu'elles soient, faut-il pour autant retomber dans le fatalisme ? Notre éducation ne nous permet-elle pas d'accéder individuellement à autre chose que la fatalité ? Notre éducation ne nous sert-elle qu'à produire et à consommer de l'inutile ? Notre éducation ne peut-elle nous permettre à titre individuel de réagir, et d'agir ? Notre éducation qui est loin d'être égalitaire reste la chose la mieux partagée dans la société occidentale, c'est pourquoi nous pensons que c'est le seul levier sur lequel chacun puisse s'appuyer (et doit relever) pour prendre conscience du problème qui se pose à l'humanité. Le problème du réchauffement climatique est un problème mondial dans le sens global. C'est à dire qu'il englobe tous les autres problèmes, les problèmes de l'individu, les problèmes du groupe, de la communauté, de la société, de l'état, d'un ensemble d'états, d'un continent, etc. Or, pour que l'action soit mondiale, il faut que chaque état réagisse, pour que chaque état réagisse il faut que chaque société qui le compose réagisse, pour que chaque société réagisse il faut que les communautés réagissent, pour que les communautés réagissent il faut que les groupes réagissent, et pour que les groupes réagissent il faut que les individus réagissent. Et que faut-il pour qu'un individu réagisse ? une prise de conscience de sa place dans le monde. C'est à ce prix, c'est à dire au prix d'un effort intellectuel d'une prise de conscience individuelle et collective (dans le sens « tous ensemble »), que nous pourrons agir rapidement et humainement (c'est l'enjeu principal) en faveur du climat.