Mardi 19 mai 2009
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Etre anticapitaliste aujourd'hui. Les défis du NPA par Philippe Pignarre. La Découverte, 182 pages, 13 euros.

 

Désireux de cerner les « défis » auxquels est confronté le NPA, l'auteur s'est essentiellement intéressé aux conceptions politiques qui ont rendu possible cette aventure mais qui, si elles ne sont pas « questionnées », peuvent aussi en hypothéquer le développement. Ces conceptions, on le sait, ont mûri au sein de la LCR… que Philippe Pignarre connaît bien. Ce qui lui permet de jeter un regard acéré et d'opérer de nombreux va-et-vient entre les débats passés de la LCR et les réalités idéologiques et militantes qui sont aujourd'hui celles du NPA.

Parmi les obstacles à surmonter : la tendance à sacrifier l'approfondissement des aspirations et des revendications concrètes aux perspectives générales, le risque que la bataille pour le « tous ensemble », qui vertèbre l'activité du NPA, ne noie les préoccupations fort diverses des nouveaux militants (et militantes) du NPA et que la perspective révolutionnaire des militants de l'ex-LCR ne conduise à nouveau à remplacer la politique (analyser une situation, définir une orientation) par la « pédagogie » (révéler un programme qui, d'une certaine manière, préexisterait à l'expérience commune). Dangers bien réels…

Mais, Pignarre « simplifie » (pour le moins) le discours révolutionnaire : « Tant que le système n'est pas renversé, toutes les expériences sont vouées à l'échec, soit par intégration, soit par destruction […] le révolutionnaire sait qu'il a peu de chances de se tromper, mais la leçon qu'il donne a une telle valeur générale qu'elle est aussi inutile que désespérante. » Constat cruel, mais qui ne permet pas d'éluder la question : cette leçon « inutile », « désespérante » et « générale » contient-elle… une part de vérité ? Faut-il, pour les besoins de la démonstration, opérer une telle séparation entre « révolutionnaires » (obsédés par le but) et « anticapitalistes » (intéressés par les expérimentations) ? Et pourquoi pas des révolutionnaires soucieux de combats spécifiques concrets et des anticapitalistes s'intéressant aux questions stratégiques ? C'est un peu le pari du NPA ! En tout cas, un débat à approfondir…

François Coustal

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Lundi 18 mai 2009

MARSEILLE, 16 mai 2009 (AFP) - Le réalisateur britannique Ken Loach, dont le film "Looking for Eric" qui met en scène le footballeur Eric Cantona est présenté dimanche à Cannes, a apporté samedi à Marseille son soutien au Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot lors d'une projection-débat.

"Je suis très content de soutenir cette nouvelle initiative en France parce que je pense que nous avons besoin d'une réponse à la crise à travers toute l'Europe", a déclaré le réalisateur après la diffusion de l'un de ses documentaires datant de 1984 intitulé "Which side are you on?" (de quel côté êtes-vous). Le film retrace la grève des mineurs britanniques qui dura un an en 1984-85 et fut violemment réprimée par le gouvernement de Margaret Thatcher. "Si nous essayons de créer un autre petit parti d'extrême gauche, il aura le même effet que tous les autres, c'est-à-dire un effet nul. Nous devons apporter une réponse au niveau de la gauche européenne et j'espère que le NPA est la base de cette réponse", a-t-il ajouté, acclamé par une salle comble contenant 600 places assises.

Il a également appelé à une union des partis de gauche avec les partis écologistes. "J'ai toujours essayé d'être impliqué en politique en soutenant les gens avec lesquels je suis d'accord et en essayant de créer des liens internationaux mais je ne veux pas être sectaire. Nous devons nous unir", a-t-il répété.

A un participant qui lui demandait s'il se définissait comme un révolutionnaire, Ken Loach a répondu avec beaucoup d'humour que "les réalisateurs qui sont en route pour le festival de films le plus glamour au monde et qui se déclarent révolutionnaires s'aventurent sur des territoires dangereux". "Néanmoins, je pense que nous avons besoin d'un changement qui s'est appelé de tout temps une révolution", a ajouté le réalisateur de 72 ans.

Ken Loach a reçu en 2006 la Palme d'or du 59e festival de Cannes pour son film "Le vent se lève" qui traite de la guerre d'indépendance en Irlande et de la guerre civile irlandaise qui suivit pendant les années 1920. Pour ce 62e festival de Cannes, "Looking for Eric" est présenté en compétition officielle.

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Jeudi 14 mai 2009
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Après trois mois de lutte, la mobilisation reste forte dans les universités face aux contre-réformes du gouvernement. 

Assemblées générales (AG), coordinations nationales, actions et manifestations se poursuivent dans les universités. Mais, ici comme ailleurs, la stratégie des directions syndicales pèse fortement. Si la journée de grève générale du 29 janvier a servi de déclencheur, il a fallu mobiliser toutes les énergies pour tenir dans la perspective du 19 mars. L’absence de suite rapide n'a pas aidé, même si les cortèges universitaires étaient bien présents le 1er mai. Les confédérations n’envisagent même pas de nouvel appel à la grève d’ici l’été. Il apparaît donc aujourd'hui que les salariés doivent construire un front de lutte large et que les étudiants et les salariés des universités doivent y travailler, à la mesure de leurs forces, puisque la seule mobilisation des universités ne suffit pas face à l'obstination du gouvernement, et que les confédérations ne serviront pas d'appui dans cette direction.

Depuis le début du mouvement des hospitaliers, tout est réuni pour parvenir à une convergence durable avec le mouvement universitaire, à l'image de ce qui s'était passé le 28 avril, à Paris, où les cortèges de la santé et des universités s'étaient rejoints (32000 personnes). Car c'est la même contre-réforme qui est imposée à ces deux secteurs : mise en concurrence des établissements, pouvoirs accrus du chef d’établissement (président de l’université ou directeur de l’hôpital), pressions plus fortes sur les personnels par des méthodes de management importées du privé (suppressions de postes, précarité, bas salaires). Tout cela pour réduire les moyens des services publics, mais surtout leur qualité, et pour justifier leur privatisation ou faire de la place au secteur privé.

Les traditions de lutte de nos secteurs sont différentes : les hospitaliers ont su se donner des syndicats forts, ce qui est loin d’être le cas dans l’enseignement supérieur. En revanche, l’expérience des mouvements étudiants a permis d’arriver rapidement à construire une coordination nationale des universités qui a réuni à chacune de ces dix sessions des centaines de délégués représentant plus de 70 établissements. Cette coordination a pris l’initiative d’appeler à rejoindre la manifestation des hospitaliers du jeudi 14 mai. Depuis, l’intersyndicale a repris cet appel. Cela devait donc être la seconde manifestation commune.

Mais, pour faire reculer le gouvernement, il faudra plus que des manifestations communes. Il faut construire une solidarité concrète dans les établissements. Cela passe par des interventions des hospitaliers dans les assemblées des universités et réciproquement. Mais aussi par des assemblées générales communes pour les établissements proches. Celles-ci peuvent devenir des embryons de coordination interprofessionnelle, en s’ouvrant aux salariés de l’énergie et de l’automobile actuellement en lutte. En prolongeant localement la journée interprofessionnelle du 19 mars, les salariés mobilisés au Havre ont montré qu’il était possible de construire la mobilisation à la base, sans attendre les confédérations. Toute victoire significative devra passer par l'extension d'expériences de ce type. 

La commission « Université-recherche » du NPA

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